MA JOURNEE AU SALON DU POLAR (article posthume)

Publié le par BBJane

par NINI SOCQUETTES

Je suis bien emmerdée. Ces derniers temps, j'ai attrapé la grippe Bachelot, et je suis sur le point de périr. C'est agaçant, car je suis dans la fleur de l'âge (et même dans son bouton), et je trouve dommage de crever avant d'avoir vécu mon dépucellement. Mais bon, c'est la vie, faut faire avec, et se préparer à faire sans.

C'est con aussi parce que je devais écrire un article sur le Salon du Polar d'Aniche (dans le 59ème Département) où j'ai été avec Tata et le Fils Caché de Robert Conrad, le jour de la Fête des Monuments aux Morts, mais je suis trop moribonne pour accoucher d'un long papier (d'ailleurs, accoucher sans dépucellement, ça se voit qu'à Bête-les-Hemmes, pas chez nous.) Alors, je vais résumer ça en deux temps de cuillère à pot et au petit bonheur le bol, en espérant que vous m'excuserez de devoir mourir prochainement, et que ça vous aidera à comprendre pourquoi je fais court.

1) Il faisait un froid de connard dans la salle où le Salon se perpétrait. D'ailleurs, je me demande si c'est pas comme ça que j'ai choppé la bachelite...

2) A l'entrée, j'ai rencontré Nosferatu qui faisait la causette avec D'Artagnan. Tata m'a expliqué que c'était pas les vrais, mais des auteurs célèbres qui étaient là pour jouer les invités d'horreur. Ça m'a rassurée, parce que je sais bien que Nosferatu et D'Artagnan sont morts depuis longtemps, et j'avais pas envie de croiser leurs revenants. Mais Tata m'a dérassurée aussi sec en me disant que ces deux-là, c'étaient quand même des morts-vivants, exhumés du Caveau de la Littérature, et qu'il fallait pas trop les approcher, vu leur tendance à empester et à mordre tout ce qui passe sous leur dentier. Du coup, je leur ai pas causé...

 

Nosferatu

D'Artagnan

3) Un grand écrivain qui avait l'air de pas connaître l'existence de l'eau courante a reçu un trophée encore plus sale que lui, pour couronner l'ensemble de son noeuvre. Le problème, c'est que le trophée, il pesait 65 kilos, et que l'écrivain il en pesait que 20 tout mouillé, avec sa crasse et en érection. Du coup, il pouvait pas emporter son trophée chez lui, vu qu'il voyageait en train, et en 3ème classe, en plus (c'est un auteur de gauche, il a un wagon de 3ème rien que pour lui...) Alors, on a promis de lui filer un trophée plus menu, qu'on lui enverrait par les Pététés. Il était si content qu'il a commandé une quinzième tournée pour sabrer la bonne nouvelle... (J'ai vu l'auteur de près ; je crois qu'il a plus de dents...)

 

L'auteur trop fait et son trophée


4) Tata et le Fils Caché de Robert Conrad ont bien mangé et bien bu, dans un grand restaurant en forme de cage à lapins. A un moment donné, ils se sont engueulés à cause d'un jeune mec en pull rouge que le Fils Caché de Robert Conrad arrêtait pas de mater en cachette et de lui faire les lunettes douces parce qu'il avait flashé dessus. Tata a dit que si c'était comme ça, elle allait redevenir hétérotte et sortir avec le premier venu qui lui dirait bonjour. C'est à ce moment là que Nosferatu est passé pour la saluer. Alors elle s'est mise à pleurer.


Le Fils Caché de Robert Conrad (à gauche, comme d'hab')

et Tata (à droite, sans sa perruque)


Les mêmes qui s'engueulent


5) Le Fils Caché de Robert Conrad était triste de devoir vendre sa camelotte tout seul dans son coin, à l'autre bout de la salle, comme une vieille chaussette oubliée dans une couscoussière. A côté de lui, il avait pourtant l'honneur de bénéficier de la présence du maire de la ville, le célèbre Michel Boucharide (plus connu sous son pseudo américain de Dan I. Boone), qui écrit des livres en patois du Nord de la France. Michel Boucharide, qui est obédiencé au communisme, signait ses livres à tour de faucilles et de marteaux, à tous les prolétaires communaux qui rêvaient de l'approcher ailleurs que sur le marché de sa ville (tous les vendredi, dès 8 heures, si ça vous tente). Le Fils Caché, lui, a rien vendu de ses ouvrages, qui sont pourtant écrits par des grosses pointures de la littérature intergalaxiale. Comme quoi, vaut mieux écrire en patois de son bled qu'en traduction mondiale... Ça paye mieux, surtout quand on est maire...

6) Tata Jane, de son côté, elle vendait pas grand-chose non plus. Y avait pourtant des tas de vieux copains qui passaient la voir en lui disant qu'ils repasseraient dans cinq minutes pour acheter ses chédoeuvres. Mais ils repassèrent pas, ces cons. Alors, comme d'hab', elle s'est mise à signer ses exemplaires pour elle-même, car elle fait collection de ses propres autographes (elle a la plus grosse collection intégrale de romans dédicacés par BBJane qu'ont puisse dégotter dans l'univers... Si ça vous tente, elle les vend sur Ebay...)

7) J'ai eu envie de pisser...

8) Après avoir uriné(e ?), j'ai été faire le tour des copains de Tata qui signaient leurs bouquins sur le Salon. J'ai eu la chance de saluer :

Laura Fontaine-Wallace : une institutrice de lycée qui a écrit un beau roman sur un flûtiste fasciste irlandais, avec plein de meurtres dedans.

 

Laura Fontaine-Wallace

 

Son beau livre

Pierre Dupichpin : un vieux monsieur envahi de barbe qui écrit des livres sur les lutins, les fées, les gnomes et tout le foutu bastringue que personne croit qu'ils existent à moins de se prendre pour Peter Pan et d'avoir envie de sodomiser la Fée Clochette.

Renic Maraud : un ancien éditueur de Tata, qui écrit des livres sur les bonnes vieilles légendes bretonnes pur beurre, et sur les Vénusiens qui se déguisent en korrigans pour envahir le Finistère incognito.

Herr Friedrich Noux : Un ex-allemand complètement à l'Ouest, qui est publié chez Facebook.

Jean-François Toutplat : Encore un ancien éditueur de Tata, qui est tellement maigre à voir qu'il fait mal aux yeux, et que j'ai eu du mal à lui causer parce qu'il arrêtait pas d'emmêler sa langue sur elle-même. Je crois qu'il avait dû abuser de l'Eau de Seltz – tellement qu'à un moment, il a été acheter un livre de Michel Boucharide, même que le Fils Caché de Robert Conrad a eu le bonheur d'assister à la vente. Il a bien fallu 145 minutes à Jean-François Toutplat pour dénicher la poche où il avait planqué son portefeuille, et presque autant pour trouver les billets à la bonne couleur (il paye en couleur de billets... Même que Tata, quand il l'a publiée, elle a été payée en blanc...)

9) Après, y a eu une élection de pétasses sur une estrade. Le jury était décomposé de vieux auteurs qui tiraient une langue de trente mètres devant des crapouilleuses en bikinis et en emporte-jarretelle qui avaient l'air d'avoir leurs culs malades de Parkinson. C'est la plus moche qui a gagné, à cause de Jean-François Toutplat qui a truqué le résultat des votes, et qui était trop rond pour faire la différence entre un boudin d'Aniche et une andouille de Vire.

10) Après, j'ai commencé à vomir, à cause de la bachelite. On m'a foutue au lit en espérant que je m'améliore. Quand vous aurez cinq minutes, priez pour le repos de ma petite âme immortelle (et pour que le Bon Dieu m'envoye un dépuceleur).

 

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Rozéfré 06/12/2009 08:52


Bonne continuation


L'irlandaise 27/11/2009 09:16


A l'analyse fine des photos, je constate que Nosferatu était à côté d'un echevelé...Je comprends pourquoi la tata de Nini avait ôté sa perruque : pour éviter toute contusion !


deef 26/11/2009 23:07


Excellent, le coup des éditueurs :D


zanymonk 26/11/2009 20:28


(Je réalise à l'instant avec consternation que la pauvre créature est en réalité complètement décédée. Passer ainsi à trépas sans avoir connu le vit, quelle triste fin pour une jeune fille...)


zanymonk 26/11/2009 19:39


Je comprends maintenant pourquoi le grand écrivain qui n'a pas l'air de connaître l'eau courante était furax en fin de soirée, c'est parce que Nosferatu avait planté ses chicots moisis dans son cou
gélatineux de céphalopode ! Finalement tout s'explique ! Quant à ce brillant auteur d'origine allemande injustement méconnu ; si tu devais le croiser à nouveau dis-lui qu'il gagnerait à rédiger sa
prose ailleurs que sur facebook s'il veut percevoir un jour des droits d'auteur et prendre de la hauteur... autrement qu'en grimpant tout in haut d'sin terril. Les gens sont étranges, Nini
Socquettes, tu sais... je te souhaite en tout cas un bon rétablissement et surtout de parvenir à assouvir le désir profond qui t'habite.