LE POINT SUR LES "BIS"

Publié le par BBJane


Le 18 décembre dernier, Arte diffusait un documentaire sur les bisexuels. Bonne idée, et qui change un peu. Parce que les homos purs et durs, intégristes de la quéquette, cramouillophobes incurables, le peuple commence à connaître... Par "peuple", j'entends le "grand public"... les hétéropiniâtres... Ils seraient même un peu surinformés, saturés d'"émissions spéciales", de talk-à-chaud, de tranches publiques de vies privées, de dumasseries et de jeanlucquinades... Interviewés à toutes les sauces, explorés sous tous les ourlets, débattus, dépiautés, et même télésérialisés, les gays peuvent se targuer d'une visibilité qui confine au squattage rétinien.
Les bis, c'est autre chose... Ils envahissent moins les lucarnes... ils sont pas aussi cathodiques...
Vous allez me dire : ce sont encore des gays... Demi, peut-être ; mais pas de salades : ils sont du même panier...
Il n'empêche, on en parle moins. "Parce qu'ils gênent davantage", nous expliquent les intervenants du documentaire en question. Ils sont trop fluctuants, ils ne sont pas casables. La seule chose que les bis ne font pas à moitié, au fond, c'est d'être traîtres. Ils le sont aux deux camps qu'ils fréquentent : celui des hétérocentristes, et celui des homonormés...
Ce dernier terme vous paraît agressif ?... provocateur un tantinet ?... Et pourtant, à la vue du film de Laure MICHEL et d'Eric WASTIAUX, on ne peut se défendre de le formuler... il vous chatouille l'esprit... il vous démange... C'est d'ailleurs l'intérêt de ce documentaire, que d'exposer clairement ce que nous autres, minoritaires sexuels, répugnons à considérer : notre fâcheuse inclination à huiler les bons vieux rouages de la machinerie normative, dans les soutes de notre galère. Est-ce ainsi qu'elle nous portera vers cet ilôt de liberté auquel nous rêvons d'accoster ?
Au sein de la communauté LGBT, le B désignerait-il le (dernier ?) Bastion d'un esprit d'indépendance encore empreint de tolérance ? Les bis ne se voulant acquis à aucun clan, c'est de l'Humain tout entier que participe leur sensibilité, c'est tout le spectre des sentiments qu'ils embrassent...
Mais voilà que dans leurs rangs se lèvent des militants, lassés des coups de pieds que s'attirent leurs culs trop exposés -- car suspendus entre deux chaises... Le temps semble venu pour eux d'affirmer leur différence, leurs spécificités, d'imposer leurs critères -- aimables et souriants, puisque de liberté...
Gare !... On sait où cette volonté mène, et combien ce doux mot dont on aime à chanter le nom, peut rapidement être scandé sur un ton rien moins qu'élégiaque...
Voilà qui serait bien dommage...
Mais foin de pessimisme !... "Wait and see", comme disait Ray CHARLES...


Un autre point enrichissant de ce documentaire fut de nous faire entendre l'opinion, sur la question bi, de deux de nos grands plumitifs. Aucun d'eux ne l'étant, leur intervention n'en paraît que plus méritoire. Courageuse, dirai-je même, d'autant qu'ils y sont favorables, à la bisexualité.
Je passe sur les propos de Monsieur Philippe BESSON -- trop friables pour supporter le poids de l'examen.
Mais ceux de Monsieur BEIGBEDER, ma bonne dame !... Alors là !...
Il est drôle, Monsieur BEIGBEDER !... Et conciliant, vous imaginez pas !... Ouvert d'esprit !... A tous les vents !... Comme une porte enfoncée mille fois !...
Il aimerait être bi -- il le confie en toutes syllabes... L'ennui, c'est qu'il peut pas !...
Et ce qui l'en empêche, c'est qu'il a jamais connu d'homme qui lui inspire assez d'amour, de complicité, et tout ça, pour qu'il puisse sauter le pas. C'est la seule et unique raison. Alors du coup, il baise qu'avec des femmes.
L'ennui, c'est qu'il les trouve tannantes, capricieuses, hystériques. Il en a jamais rencontré qui lui inspire vraiment d'amour, de complicité, et tout ça.
Pareil que pour les hommes, en fait.
C'est pour ça qu'il est hétéro.
Il n'a pas le choix, étant donné que rien ne l'y oblige.
Au fond, Monsieur BEIGBEDER, s'il était un peu conséquent avec lui-même et qu'il suivait son raisonnement, il devrait pas baiser du tout.
Mais il y a beaucoup d'autres choses qu'il ne devrait pas faire. Comme de causer dans des documentaires. Et sans doute ne s'y résout-il que par fidélité à sa tournure d'esprit. Gageons qu'il s'en abstiendrait s'il trouvait quelque chose à dire.

Publié dans PERSIFLAGES ET CANCANS

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dalifan 02/01/2009 23:11

je n'ai pas percuté que tu etais sur OB, il faudra que tu me montres comment tu fais toutes ces jolies choses avec notre poste de pilotage ( musique et apparition à l'ecran des derniers commentaires c'est ce qui me manque ). pour Le Bégue : je confirme ... expansion importante,dans le monde sans foi ni loi qui est le nôtre...le nouveau far west où l'absence de morale est érigé en vertu (mais bon, j'me calme - lol - )

bbjane 02/01/2009 19:32

BB est heureuse que tu pointes ici ta moustache, Dalifan !
Comme tu l'as constaté, le Bègue-Pédé m'a littéralement exaspérée... et je regrette, amèrement, que son espèce soit en voie d'expansion...
Au plaisir de tes prochaines visites !
Amitiés de BB

dalifan 02/01/2009 18:57

c'est avec plaisir que ertha kitt m'a accueilli sur ce nouveau blog que je mets d'autant plus en lien bien sur, je reconnais bien les fonctionnalités qui me sont familières welcome sur over blog dont je t'ai amplement parlé ! Bref, demarrage en fanfare et excellent...au fait j'ecoute marc almond et j'adore cet album !!!
J'ai bien ri de ce que tu écris sur ce fou pas drole de Bègue Beger. Et tu sais quoi ? le bègue me fait penser à un hétéro que je connais parisien aussi ( tiens ! ) qui mène grand train sans le sou et dont je t'ai amplement parlé. un type qui effectivement "préfère" soi disant les femmes mais les maltraite, prétend ne pas aimer les hommes mais qui au bout du compte, n'aime personne, pas même lui-même...Quelle petite vie que celle là... allez, souhaitons une bonne année à ceux et celles qui le mérite exclusivement ! bizz moustachue de dalifan