WELCOME !

 
She-Freaks.jpg



Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 17:43

Ça fait plus de 7 mois que Tata a crapuleusement laissé tomber son meilleur blog pour consacrer son temps à des broutilles éberluantes qu'elle écrit sur un autre site, avec sa grande duduche de cacatoès emperruqué de meilleure bonne copine, Valentine Deluxe (un nom à se poudrer le cul !)... Moi, ça me crève le cœur de voir un bel endroit comme ça servir à peau de balle, et prendre la poussière comme une nonagénaire paraplégique abandonnée dans un hangar à matelas d'Emmaüs.

C'est pour ça que l'autre jour, j'ai retroussé mes mains et pris mon courage à deux manches pour lui asséner dans le blanc des oeuilles : « Tata, c'est un gâchis pas tolérable que tu commets là ! Quand y a tant d'écrivains qui savent pas où coucher leur prose, tu boucles un magnifique espace qui pourrait accueillir un paquet de textes sublimes rédigés par des jeunes auteuresses d'une onzaine d'années au talent plus que prometteur et même carrément avéré ! Tu te rends compte un peu ? Quand y a des tas d'écrits qui meurent de froid en plein hiver dans le caniveau des éditeurs, tu fermes à double tour un somptueux asile où ils pourraient reprendre du poil de la lettre ! T'es pas honte, vieille souillure ? » Elle a tout de suite compris où je voulais en venir. « Oui oui oui, qu'elle a fait avec un sourire en dents de scie. Toi, tu voudrais que je te donne les codes du blog pour te remettre à y raconter des conneries ».

 

Nini-Socquettes-copie-1.jpgMoi

 

Ceux d'entre vous qui s'en souviennent ne l'ont pas oublié, il m'est arrivé en effet de vous offrir des chroniques magnifiques ici-même, à une époque où j'avais plus ou moins chouravé à Tata ses mots de passe. Ceux qui veulent se rajeunir la mémoire trouveront ces articles incomparables ici. (Cliquez sur « ici » pour y accéder... Pas le « ici » d'ici ni le précédent, mais celui d'avant la parenthèse d'ouverture.)

J'ai donc répondu par la firme hâtive. « Oui ! que je lui ai dit avec la fermeté culière de Jeanne MOREAU il y a 102 ans. Et je vois pas pourquoi tu serais contre, à moins de vouloir me faire chier gratuitement ! Comme t'as pas l'intention de récrire sur ton blog, laisse-moi m'en occuper ! Tu verras ce que tu vas voir ! Je vais en faire un succès magistral ! On va passer de dix lecteurs qui viennent encore y jeter une guêtre pour voir s'il est pas relancé, à des millions qui le consulteront chaque jour avec une impatience démesurée et néanmoins croissante. Ça va être de la folie ! Les gens vont se l'arracher ! Ils iront même jusqu'à s'entre-voler leurs ordinateurs pour pouvoir le lire en plusieurs exemplaires ! On aura plus de visites en une heure que ta connerie de Facebook en une semaine ! Quand le monde se lèvera le matin avec ses cheveux en pétard, sa bouche plâtreuse et ses yeux boursouflés, la première chose qu'il fera avant d'allumer sa cafetière, ça sera de se connecter sur « THE BI-QUEEN WAY, Le Blog Officiellement Déjanté de Nini Socquettes », et c'est seulement après qu'il pensera à aller pisser, si d'ailleurs il ne l'oublie pas, tellement il restera scotché sur son écran ! Et alors il se pissera dessus comme un amputé de la prostate. Tu vas voir que ça va rebooster l'industrie des couches protectrices, et d'ailleurs je vais m'arranger tout de suite avec Pampers pour qu'ils passent une publicité onéreuse sur le blog. »

Tata m'a dit d'arrêter de délirer. « C'est bon, qu'elle a dit. V'là les codes... Mais t'avise pas de recommencer les conneries de la fois d'avant !... Pas de commérages et de médisances !... Pas de propos injurieux sur des grands artistes respectés des masses laborieuses et des élites oisives !... Pas de causeries sur des questions qu'ont trop versé (ou controversées, je sais pas comment on écrit sa prononciation) !... Et surtout : pas de sujets relatifs à ta vie privée ou celle de ta famille !... T'as pigé ?... Pas un mot sur MOI !!!... »

Je lui ai demandé sur quoi elle voulait que j'écrive si elle me supprimait tout ça. « Faut pas, je lui ai dit, compter sur moi pour balancer des recettes de cuisine, des bulletins météo, des prévisions astréorologiques ou des niaiseries du même baril ! » Elle a soulevé un coin de sa perruque pour se gratter le courgeon. « T'as qu'à écrire sur ce que t'aimes, elle a dit. Pas sur des trucs qui te débectent, sinon ça va rameuter des conflits. T'as qu'à écrire que des billets gentils, qui fleurent la bonne humeur et sèment l'euphorie. Voilà ce que t'as qu'à écrire. »

 

meteo

Le temps d'il y a eu un an hier

 

J'y ai dit que j'avais compris. Ça coûte rien de faire plaisir à une vieille travelote alcoolique qui s'y connaît pas plus en écriture que moi en émondage de brugnoniers norvégiens. De toute façon, maintenant que j'ai ses codes d'accès, j'ai plus qu'à les changer par des nouveaux qu'elle sera pas fichue de dégotter. (En plus, c'est même pas la peine que je me casse la tirelire à en élaborationner des neufs, parce que je parierais mon string en macramé contre un plat de macaronis qu'elle a déjà oublié ceux qu'elle m'a filés, avec sa cervelle démêlée par vingt-cinq années de torboyautage intensif...)

(Tiens ! Il neige !)

 

neige


Donc, mon intention est prise : j'écrirai ce qui me bottera, comme je l'ai toujours fait depuis que Mme Hignare, ma vieille insiste, nous a appris comment qu'on faisait pour transférer l'alphabet sur papier, et que je rédigeais des Q à la place des B et mettais des cédilles aux igrèques. Si Tata s'imagine que je vais me priver de parler des sujets qui nuisent, elle se fourre le doigt dans l'agate jusqu'à l'occiput (et même jusqu'au col du fémur !...)

Parler que des choses que l'on aime, c'est colossalement emmerdant. Sans compter que c'est pas favorable à mon registre d'inspiration. Je suis pas étudiée pour dire ou pour gratter des gentillesses dans le sens du poil. Ça va carrément à l'encontre de mon naturel inérant (merde ! doit y avoir une faute d'orthographe, le correcteur à souligné...) innérant (chié ! Ça souligne encore !...) inérrant (c'est toujours pas ça...) hinnérrant (et puis zut !...). Bref, ça va à l'encontre de comment que je suis dans mon château fort intérieur. Ce qui va à l'empour, par contre, c'est de débiter des vacheries.

Sur Tata, par exemple, y aurait beaucoup de débitage à faire, car c'est quelqu'un qui prête à la débitation, vu qu'elle est fréquemment biturée, ce qui la rend souvent imbitable. Dans la famille, je suis la seule à plus ou moins la comprendre, et donc à modérément l'apprécier. Tous les autres l'adorent, parce qu'ils entravent rien à ce qu'elle est dans son inhérence intérieure ('Tain !... Ça souligne plus !...), et la prennent pour autre chose qu'une garce. Mais je vais pas épilloguer (ça recommence !...), car l'heure de mon quatre heures va bientôt retentir, et mon estomac crève la dalle au fond de mes talons.

Je vous dis donc à très bientôt quand j'aurai le temps. Merci d'avance de m'exprimer vos commentaires nombreux et admiratifs.

Par BBJane - Publié dans : LES CHRONIQUES DE NINI SOCQUETTES
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 19:26
Votre BB chérie est heureuse de vous annoncer la création d'un nouveau blog, pour la rédaction duquel elle bénéficie de la collaboration ô combien précieuse, érudite, sardonique, et néanmoins joviale, de Valentine Deluxe.
Pourquoi s'atteler à un troisième site, quand l'entretien des deux blogs actuels est déjà sujet à bien des irrégularités ?

D'une part, je compte renoncer à alimenter THE BI-QUEEN WAY, en berne depuis des semaines, et dont le concept m'est toujours apparu erratique et flottant. Autant j'éprouve de l'attachement pour FEARS FOR QUEERS , conçu dès le départ comme un blog circonscrit thématiquement et non assigné à une mise à jour fréquente, autant THE BI-QUEEN WAY, conçu à l'origine comme un défouloir plus intime, ne m'a jamais donné pleine satisfaction -- peut-être parce que, tout bonnement, je suis incapable de m'épancher sur des sujets d'ordre personnel. D'autre part, une rencontre inattendue et déterminante s'est produite il y a quelques mois, par le truchement de Facebook, avec une demoiselle dont la personnalité, le parcours, les centres d'intérêt, les passions, se trouvent correspondre point par point, et souvent de façon troublante, aux miens ; j'ai nommé Miss Deluxe. M'aurait-on suggéré l'idée, il y a un an, de rédiger un blog "en collaboration", que j'eusse poussé les hauts cris, jugeant le principe inepte, sinon blasphématoire. Après avoir rencontré Valentine en chair et en os il y a deux semaines, en ayant l'impression de poursuivre avec elle une conversation vieille de 30 ans, il m'est apparu évident que nous étions faites pour "bloguer" de conserve, et que nos multiples atomes crochus pouvaient s'exprimer avec encore plus de profit (amical, pas pécuniaire) sur la blogosphère que sur le sympathique mais parfois stérilisant Facebook. Je la remercie infiniment d'avoir répondu "présente" à ma proposition, et du stimulant enthousiasme dont elle fait preuve depuis lors...
Cette démarche est aussi pour moi une façon de renouveler ma confiance en "l'espace blog", comme en un lieu où les échanges, pour demander plus d'efforts et d'investissement, sont souvent plus enrichissants que sur Facebook, et gagnent en profondeur. (Que mes
vrais amis facebookiens qui liront ces lignes ne les prennent pas en mauvaise part... Ils se reconnaîtront facilement -- ce sont ceux que je côtoie non virtuellement, ou avec qui je suis au moins en contact téléphonique ou épistolaire), et elles ne les concernent évidemment pas.
J'avoue, Facebook me lasse un peu, parfois -- quand bien même je n'ai à m'en prendre qu'à moi s'il m'a fait délaisser mes blogs...
Au menu du nouveau venu -- suavement baptisé Mein Camp  (copyright Valentine Deluxe, auteure du titre) -- : des vidéos à la pelle (non pas piochées au hasard sur YouTube, mais confectionnées par vos servantes), des chroniques bien senties, quelques vacheries malodorantes, mais surtout, et avant tout, un grand amour du Camp...
Pour vous y rendre, cliquez sur la bannière ci-dessous...
Et d'avance, merci à vous de vos visites, de vos éventuels commentaires, et de votre fidélité...

 

Mein-Camp-Banniere.jpg

Par BBJane - Publié dans : ACCOINTANCES WEBIENNES
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 18:02

Ras le bol de cet hiver qui n'en finit pas ! Je veux faire un tour à la plage, moi !...





Annette FUNICELLO & Frankie AVALON
BEACH PARTY (William ASHER, 1963)


Par BBJane - Publié dans : MIOUZIC !
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 17:21

De passage à Trouville, l'émir Ben Fatal (Jean TOLZAC) tombe sous le charme de la pittoresque demeure d'un producteur de disques au prénom américain, au nom français, et à l'accent allemand : Sam Moreau (Roger CAREL). Il s'y installe aussi sec en compagnie de son garde du corps (Jean CHERLIAN) et de son harem (4 ou 5 danseuses du ventre), au grand désarroi du propriétaire légitime (Sam Moreau donc
, pour ceux qui rêvassent) et de son entourage (le domestique Paul PREBOIST, la petite protégée Françoise BLANCHARD) qui devront affronter un gang de malfrats dirigé par l'infâme MacChorell (Pierre DORIS), lequel est bien déterminé à liquider le magnat du pétrole (Ben Fatal donc, pour ceux qui pioncent).

Visa002
Quel casting, mes aïeux ! Roger CAREL (Monsieur 100 000 voix), les frères PREBOIST (Paul et Jacques), le gros dégoûtant Pierre DORIS (mort il y a quelques mois, des suites d'avoir trop vécu), la belle et blonde Katia TCHENKO (ne pas confondre avec Tcheky KARYO), l'immense Jean PAREDES (dont l'entulard de Tubé -- pardon : l'entubé de Tulard -- situe le dernier film autour de 1965, alors que celui dont je vous cause fut troussé en 82), un André BEZU encore inconnu (donc, pas encore oublié), et deux égéries de Jean ROLLIN : Françoise BLANCHARD (l'épouse du chanteur dont l'amour avait mis les bouts avec le loup dans les grottes de Rocamadour) et Fanny MAGIER (ne pas confondre avec Manny FAGIER, qui, jusqu'à plus ample information, n'est pas censée exister).
C'est quand même pas tous les jours qu'on peut se taper une telle distribution ! On n'avait pas vu ça depuis la M.G.M. et ses all cast movies ! En vérité, je vous l'écris : L'Emir préfère les blondes, c'est carrément le Grand Hôtel du Bis français ! Le film aux mille étoiles ! Le nanar aux neuf grosses légumes !...
Et qui c'est qui l'a mis en scène, bande de p'tits salopards ?...
Alain PAYET himself ! Mieux connu sous le pseudonyme de John LOVE, autrement dit le fondateur et Pape du "hard crad" hexagonal (vous savez ? ces films où des femmes se godemichent avec des courgettes moisies sur un coin de chiottes sales...)
Vous voulez des détails sur L'Emir ? Quelques gags saisis sur le vif ?... Y a qu'à demander !...

Preboist.jpg Une belle photo de Paul PREBOIST (profitez-en, c'est rare...)

D'abord, le générique : il nous montre Françoise BLANCHARD chantant (avec une conviction d'autant plus méritoire qu'elle n'utilise pas, pour ce faire, sa propre voix, mais celle d'une certaine Nat MILLER) l'un des tubes les plus honteusement méconnus de la variété française : "Je veux ma chance" !
Et puis, en vrac :
Roger CAREL causant avec un accent allemand merveilleusement injustifié par l'origine américano-normande de son personnage !...
Pierre DORIS faisant bouffer de force et à pleines poignées des champignons vénéneux à un ennemi ligoté sur une chaise branlante !...
Jacques PREBOIST se faisant dégobiller dessus par un CAREL et un Noe WILLER peinant à digérer des yeux de mouton crus que le facétieux émir les a contraint à avaler !...
Paul PREBOIST, rendu aphone par l'étonnement, tentant de signaler à une soubrette la présence de singulières intruses à l'étage supérieur -- en l'occurrence des danseuses orientales, dont il mime l'apparence avec force déhanchements et en... étirant son nez (!) dans le feu de l'impro !...
Fanny MAGIER montrant ses seins (plus menus qu'on l'eût cru) !...
Françoise BLANCHARD laissant entrevoir sa foune (pas blonde... ou bien, c'est la copie VHS qui est trop sombre...) !...
La même, entonnant à nouveau le refrain de l'immortel standard "Je veux ma chance", mais avec sa propre voix, cette fois -- et, vu le résultat, suscitant l'hilarité mal contenue de PREBOIST (pas Jacques, l'autre) !...

Blanchard.jpg Françoise BLANCHARD, bien classée au Top 350

Deux faux infirmiers porteurs d'une civière, traversant une boîte de nuit en faisant "PIN ! PON !" afin de récupérer le cadavre de PREBOIST (pas Paul, l'autre), empoisonné par erreur par la sculpturale et pulpeuse Katia TCHENKO !...
CAREL jouant au tennis avec l'émir hissé sur une chaise à porteurs !... (kèskonsmarre !...)
Michel SAINT-CLAIR engoncé dans le jean le plus moule-burnes que j'eusse vu de mémoire d'arpenteur impéni(s)ten(du)t du Marais !...
Noe WILLER tombant du haut d'une échelle après avoir été heurté par une casserole, laquelle, par ricochet, atteint Préboist (pas l'autre, celui d'avant) sur le coin de la tronche !... (kèskonsmarre !...)
PAREDES, consciencieux, faisant des efforts pour sauver ses scènes !...
CAREL, affligé, faisant des efforts pour sauver le film !...
PREBOIST (les deux) géniaux sans nul effort !...
Jean TOLZAC, mauvais comme un cochon, capable de couler 100 films à lui tout seul !...
Trouville ressemblant à s'y méprendre à Brincourt-les-Tourloupettes !...
Tout ça (et bien d'autres merveilles), c'est dans L'Emir préfère les (fausses) blondes !

Tchenko.jpg Katia TCHENKO et son ancien corps de rêve

Notons pour finir que, des quatre comédiens dessinés sur l'affiche (TOLZAC, PREBOIST [pas l'autre, lui], CAREL et BLANCHARD), l'élément féminin est le moins ressemblant (surtout les seins).
Et ne manquons pas de signaler que le film n'a rien de raciste ! La preuve : l'Arabe parle sans accent arabe...
Ah oui ! J'ai oublié de dire qu'à la fin, Pierre DORIS se fait sauter à l'explosif (c'est mieux qu'exploser en soutif), et que la déflagration provoque un petit effet spécial (pas très gore du tout, je le dis pour les âmes sensibles), ainsi que l'éruption d'un geyser de pétrole dans le jardin de CAREL.
Comme quoi, en Normandie, c'est tout l'inverse du slogan : on n'a pas d'idées, mais on a le carburant !...

N.B. : Le générique de fin nous signale que les parfums sont de Hermès, Fuji et Jean Damien (on l'avait pas sentu !...)
N.B. 2 : Cet excellent article fut originalement publié dans l'excellent numéro 22 de l'excellent Medusa Fanzine.

Par BBJane - Publié dans : CINE QUA NON
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 00:00


Crawford-copie-1.jpg

Par BBJane - Publié dans : CAMPY STILLS
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 15:56

par Nini SOCQUETTES

Aujourd'hui, j'ai vu un beau film. Un que tata Jane possède dans son innombrable collection.
Elle m'a dit : "Tu veux voir un film ?" Je lui ai répondu aussitôt par la firme hâtive. Elle m'a dit : "Alors viens, je vais t'en montrer un qu'il est pas piqué des hannetons ! " Du coup, je m'ai laissée conduire dans son vieux canapé puant, devant sa vieille télé pourrave à manivelle, pour regarder le pire des films à la con que j'aie vu depuis le jour où maman m'a larguée de ses entrailles.


The-Female-Bunch.jpg

Ca commence (merde ! comment on fait pour mettre la cédille à Ca ?...), ça commence donc par des femmes à chevals. Elles sont dans le désert, et elles galopent après une bagnole rouge.
Dans la bagnole : un couple habituel, composé d'un homme et d'une poule.
Dans le ciel : un avion. Un tout petit, du genre aréoplane.
Dans l'avion : deux nénettes avec une carabine.
Elles tirent sur la bagnole, mais bof, ça donne rien... Les balles passent à côté du couple et de la bagnole et de tout. Elles touchent rien, elles tuent personne. Elles sont tellement pas efficaces, ces balles, qu'on finit par se dire qu'elle feraient aussi bien d'être à blanc. C'est vraiment des balles à deux balles. On dirait qu'elles ont peur de faire mal à quelqu'un.
Ca continue comme ça jusqu'à la fin du générique.
Après, le couple sort soudain de la bagnole (On se demande pourquoi... Peut-être ils avaient plus d'essence ? Ou bien ils voulaient faire pipi ? Ou bien ils finissaient par avoir pitié pour les balles, et ils voulaient s'offrir à leur impact ?...) Finalement, y a une balle moins enchepée que les autres qui arrive à trouer les pidermes du mec. La nana qui est avec lui l'entraîne vers des rochers pour qu'il saigne tranquille. Les femmes dans l'avion sont contentes d'avoir tiré un coup qui sert. Les femmes à cheval, on les voit plus.
Pour empêcher son fiancé de pisser tout son sang par son trou de balle, la nana retire le chemisier qu'elle porte et elle l'appuie sur la blessure du mec. Ca fait qu'elle montre tous ses seins devant la caméra. Ils sont gros commes des oeufs de rhinocéros, mais heureusement, elle a un soutien-gorge. Sinon, ça deviendrait carrément du porno...



Female-Bunch-01.jpg

Pendant que son amoureux perd son sang, la nana a une bonne idée : elle pense à son passé ! Elle se rappelle des vieux souvenirs ! Tata Jane m'a expliqué que ça s'intitule un "flache-bac" : c'est quand un des acteurs se rappelle un extrait qu'on n'a pas vu du film...
Ce coup-ci, c'est du film ENTIER qu'elle s'est souvenue, l'actrice ! Elle avait une foutue mémoire, avec des tas d'extraits dedans (et pas "d'extraction de dents", hein ?... sinon, le film, ça serait "Maratonne Manne" -- je rigole...) Heureusement qu'elle avait cette mémoire d'éléphant, sinon le film aurait terminé là, et ça n'aurait pas valu le coup qu'il commence, vu qu'il serait déjà fini...
Donc, la nana, elle se rappelle comme ça qu'elle a eu un chagrin d'amour avec un autre mec que celui qui sanguinolait pendant qu'elle flache-baquait. L'autre mec, dans son souvenir, il chantait des chansons plus ou moins à la con dans une boîte à la mode (comme quoi, le film a pas vieilli : aujourd'hui, c'est toujours dans les boîtes à la mode qu'on entend des chansons connardes). La nana, elle était serveuse, et elle sortait avec le chanteur. Mais c'était un salaud, et alors, il la plaque. Heureusement, la nana avait une bonne copine qui lui disait de pas s'en faire et que ça irait mieux. Pour lui modifier les idées, elle l'emmena dans un joli coin du désert où vivaient plein d'autres nanas qui n'aimaient pas les hommes.

Al Adamson
C'est alors qu'il y a eu la pub.
Faut dire que tata Jane avait enregistré le film sur une chaîne de télé allemande. C'était d'ailleurs bien chiant, parce que voir un navet, c'est déjà fatigant ; mais le voir doublé EN ALLEMAND, et sans l'ombre d'un sous-titrage, c'est carrément la pôasse !...
Dans les pubs, y en avait pour des femmes qui se carressent les lèvres avec leur langue, et qui prennent leur douche ou leur bain en téléphonant. On voit leur numéro de téléphone sur l'écran, et on entend une voix allemande qui dit : "Noïnziche noïnziche fure noïnziche fure noïnziche." Tata m'a expliqué que c'était des publicités pour qu'on appelle les meufs quand elles se douchent ou qu'elles prennent leur bain et qu'elles se carressent les lèvres avec leur langue.
Après, y a eu une pub pour des DVD qui racontaient l'incroyable aventure mouvementée d'Adolf Hitler en vingt-six épisodes pour le prix imbattable de noïnziche ound zibeun froïnziche euros. Tata m'a dit que c'était quand même cher pour une histoire en noir et blanc qu'on connaissait déjà, et qui finit pas bien. Elle m'a dit : "Attendons les soldes", et puis elle est partie pisser et elle est revenue avec sa robe coincée dans sa culotte et un verre de ouïski au moment où les pubs finissaient.
Le film a continué.

Jerry
Donc, la nana qui flache-baquait était maintenant dans une tribu d'autres nanas. Elles étaient pas aimables et coiffées bizarrement, dans le genre vieille-coiffure-de-maman-quand-elle-était-jeune. Elles étaient occupées à punir une gonzesse en l'enterrant vivante. Elles l'enfermaient dans un cercueil, et puis elles couvraient le cercueil avec de la terre, et puis elles déterraient le cercueil pour sortir la meuf à la dernière minute. C'était curieux comme punition, mais ça fonctionnait bien, parce que la meuf avait eu peur et qu'elle disait qu'elle le ferait plus. (Qu'elle ferait plus quoi ?... J'en sais rien, parce qu'elle causait allemand et que je connais pas la langue...)
Après, les méchantes nanas montaient sur leurs chevals et galopaient dans l'immense étendue sablonnée du désert. Elles s'arrêtaient chez un vieil homme qu'elles connaissaient et elles lui disaient des choses (en allemand). Le vieil homme, c'était un ancien grand acteur, d'après ce que m'a dit tata. Il s'appelait Lon Chaney Junior, et il avait joué les loups-garous avant de se spécialiser dans les rôles de vieillards inutiles qui servent à rien dans les films et qui boivent. Là, il buvait de la vodka Smirnoff, et il disait des choses inutiles en allemand.
Après, les nanas reprenaient leur route. Elles s'arrêtaient encore, ce coup-ci chez une espèce de fermier mexicain (mais qui parlait allemand), à qui elles faisaient peur en lui infligeant des grimaces et des ricanements.
Après, elles reprenaient encore leur route, et elles arrivaient dans un petit village, du genre mexicain où on parle allemand. Elles allaient au bistro, et elles couchaient avec les alcoolos du coin. L'un d'eux, c'était un ancien grand acteur d'après ce que m'a dit tata. Il s'appelait Russ Tamblyn, et il avait joué les petits garçons minuscules qui dansent avec leurs soldats de plomb, avant de se spécialiser dans les rôles de bikers majijouanés qui sont coiffés comme des Jackson Five et qui servent à rien dans les films -- à part frimer. Dans ce film-làlle, il était amoureux fou d'une des nanas, et il lui disait (en allemand) qu'il irait bientôt la rejoindre dans sa tribu, pour coucher avec elle encore.

Tom-Pouce.jpg Russ Tamblyn, quand qu'il était jeune

Après, les gonzesses retournaient chez elles (en passant, elles foutaient le feu à une meule de foin du fermier mexicain, qui pleurait de tristesse en allemand.)
Après, il y a re-eu des pubs. Les mêmes que celles d'avant. Tata a dit que ça faisait chier de voir la fin du film, et elle m'a demandé si je préférais pas qu'on aille toutes les deux dans sa chambre pour regarder sa collection de photos de Lorie. Comme j'ai pas voulu, elle a soupiré un grand coup , et elle est allée se chercher un autre verre à boire. Du jus de pomme, elle a dit -- mais mon cul !...
Le film a repris au moment où le grand Russ Tamblyn venait voir la nana qu'il aimait comme un fou pour coucher avec elle encore. Ils le firent d'un commun à corps. Seulement, les autres meufs, elles étaient pas d'à corps. Elles surgissèrent en plein pendant que Russ Tamblyn et son amoureuse copulaient, et elles gueulèrent assourdissamment. Elles se jetèrent sur Russ, et elles lui annoncèrent qu'elles allaient bien le faire morfler.
En effet, elles le firent. En lui imprimant au fer rouge une croix sur sa petite gueule.
Il était pas content, et il déclara qu'il se revengerait.
En effet, il le fit. Il s'en alla de la tribu, mais il y revint dans la nuit, en compagnie d'un bon pote à lui qui devait l'aider à foutre le boxon parmi les meufs.
Sinon, entre deux, on avait revu le vieux Lon Chaney Junior, et on comprenait qu'il cachait de la drogue sous son matelas, pour faire plaisir aux méchantes meufs. Malgré tout, elles étaient toujours pas contentes, et elles lui fichirent un coup de marteau sur son crâne pour lui apprendre à les mécontenter. Du coup, il était triste parce qu'il allait bientôt mourir, et qu'il pourrait plus boire de la vodka. Il expliquait ça en allemand.

Lon-Chaney-Jr.jpgLon Chaney Junior, quand qu'il était déjà pas beau
(c'est con de s'appeler Junior quand on est vieux, je trouve...)

Donc, après ça, Russ Tamblyn revient se venger avec l'aide de son pote. Il va pour violer une nana, histoire de lui montrer qu'il a des couilles, et de lui enseigner qui c'est le patron. Mais la mazone en chef arrive, et elle le transperce avec une fourche en prononçant plusieurs injures allemandes.
Le copain de Russ Tamblyn va pour se sauver, mais il a pas de bol car il se fait gauler par les autres meufs.
Heureusement, c'est bientôt la fin, et il est libéré par la nana qui flache-baquait depuis une heure. Ils se sauvent à deux dans l'immense étendue dépeuplée du désert.
La suite, je l'ai racontée au début -- avant de dire que la nana flache-baquait (en allemand sans sous-tiffe -- pardon : sans sous-titres...)
Donc, le type est touché par une balle moins conne que ses consoeurs, et il saigne au milieu des rochers. Soudain, la mazone en chef arrive, et va pour abattre le saigneur ainsi que la nana qui flache-baque plus. Heureusement, à la dernière minute, elle se fait tirer dessus par quelqu'un d'invisible.
A la fin, on se rend compte que ce quelqu'un qu'on voyait pas, c'est le vieux Lon Chaney Junior (il était pas mort aussi fort qu'on le croyait), et c'est la fin.
Comme quoi, tata Jane avait bien tort de dire que Lon Chaney Junior jouait que les vieux inutiles. Là, il sert à faire finir l'histoire, et c'est déjà pas mal pour un ancien vieux loup-garou sans dents qui boit de la Smirnoff.

Quand le film a fini, tata ronflait à mon côté dans son vieux canapé puant.
Je l'ai réveillée et je lui ai dit : "Si tu veux, on peut aller voir ta collec de photos de Lorie dans ta chambre, maintenant..."
On l'a fait.
C'était mieux que le film.


lorie.png

Par BBJane - Publié dans : LES CHRONIQUES DE NINI SOCQUETTES
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